
Capitale viticole oblige, Blenheim regorge d’échoppes proposant fromages français et pâtés en tout genre, venant à merveille compléter le pique-nique de luxe en cours de confection, déjà composé de fruits cueillis sur la route et du colis reçu de mes parents. C’est donc les sacoches chargées de victuailles que je m’en vais passer Noël (comment ça j’écris avec plus d’un mois de retard ?…) sur les terres de Molesworth Station, la plus vaste ferme de Nouvelle-Zelande.
Molesworth, c’est 10’000 bovins broutant les 180’000 hectares de prairies arides que traversent 180 km de piste qui serpentent entre les collines et le lit des rivières. De quoi profiter allègrement du foie gras et des chocolats sans le moindre scrupule.
Ce qui est beau avec cette route, c’est que les traces de « civilisation » s’effritent à mesure que les kilomètres défilent. L’asphalte en pointillés pour ne devenir plus qu’une piste, le bruit de la State Highway que remplace celui des rivières et du vent dans les roseaux, les vignes et les champs laissant place aux versants de graminées. Reste malgré tout, comme un fil rouge guidant mon parcours et donnant une échelle au paysage, la monumentale ligne haute-tension provenant du barrage de Benmore, plusieurs centaines de kilomètres au Sud, et bravant tant bien que mal les aléas topographiques pour alimenter l’île du Nord. Puis, après 100km parcourus et qu’autant restent à venir, on découvre les toits rouges de la ferme, installée au beau milieu de ses terres, dans un isolement maximal. A quelques centaines de mètres, sur un terrain plat bordant la rivière, les visiteurs aventureux sont autorisés à planter leur tente sous les saules, et même à y passer Noël.
Penser qu’on va passer Noël seul, c’est se leurrer. C’est oublier les milliers de mouches de sable qui s’invitent à la fête…












C’est magnifique ! Ca a l’air d’être un pays fabuleux !
J’aimeJ’aime