Red Beach – Whangarei : Cap au Nord

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Près de Red Beach, première randonnée en forêt : je prends une claque au bout de 10 mètres. La visite du Shakespear Regional Park qui devait ne me prendre que quelques heures me retient finalement toute la journée, tant le nombre d’espèces de plantes et d’oiseaux découvertes est important. Les Waitakere Ranges en étaient déjà un avant-gout mais passée la lisière, c’est un autre monde qui s’ouvre à nous. Fougères, mousses, arbres tortueux, fleurs bariolées, cascades, cris d’oiseaux méconnus : l’opulence est partout et donne le vertige. En émergeant de là, nez-à-nez avec une brebis curieuse, figure de proue du troupeau en train de paître le long de la côte. Car c’est sur une falaise dominant une crique déserte puis un plage peuplée seulement de quelques kite-surfeurs que nous mène le chemin, avant de replonger dans la forêt.

Retour par la plage en rentrant pour voir si la ville porte bien son nom. Autant la plage volcanique de Piha est bien noire, autant celle de Red Beach tend indiscutablement vers le pourpre.

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Suite du voyage vers le Nord en direction de la Bay of Islands. Ces premiers kilomètres sont l’occasion des premières salutations et encouragements. Des autres cyclistes surtout, mais aussi des voyageurs, hôtes ou simples passants. Sourires amusés, regards étonnés, mâchoires décrochées : le voyageur à vélo ne laisse en tout cas pas indifférent.
C’est surement ce qui pousse ce camion à s’arrêter à ma hauteur alors que je pique-nique sur le chemin qui mène à Mangawhai. L’homme qui en descend veut s’assurer que tout va bien, que je suis au bord de la route par ma propre volonté et non sous le coup d’une avarie. Une fois rassuré, il s’étonne, devient plus curieux à mon propos et aux modalités de mon voyage. Marty vit dans une ferme où sa femme Wendy élève des chevaux 15 kilomètres plus loin, près de la ville qui est justement la destination de ma journée. Je n’ai rien réservé pour le soir, je peux donc venir dormir chez lui et souper avec sa famille. Devant l’évidence de cette proposition, je ne peux qu’accepter. 
Une heure de vélo et 4 kilomètres de piste me mène à la ferme où Wendy et sa fille rentre de balade à cheval. Elles m’emmènent voir leurs animaux, me préparent une chambre, me parlent de leur vie ici, essaient de comprendre comment on peut avoir envie de voyager comme je le fais. Quand Marty rentre, nous soupons d’un rôti et d’une tarte au citron : je suis ici comme à la maison. La simplicité de ce moment, de leur accueil, de leur vie me touchent beaucoup. L’hospitalité néo-zélandaise m’avait été contée, sans m’attendre à y être si vite confrontée, avec tant d’évidence.

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Passage enfin par Whangarei, petite ville sans grand intérêt apparent, qu’une intéressante collection d’art moderne et une jolie balade jusqu’à une cascade parviennent tout de même à sauver. Le dimanche matin que j’y passe a un goût particulier, d’évènement à ne pas manquer. A 8h, je suis presque seule dans les rues mais le pub où je vais prendre mon petit déjeuner est plein à craquer. Ce matin la Nouvelle-Zélande et la France s’affronte en coupe du monde de rugby. Dans un pays où le jeu à 15 est le sport national, je ne peux pas râter ça. 
A l’heure où à Cardiff beaucoup sirotent leur bière, l’horaire matinal impose ici le café-oeufs brouillés. La plupart des tables étaient réservées, beaucoup sont venus en famille. On applaudit chaudement, on encourage, on reconnait les belles actions des adversaires. On vient comme au dîner-spectable. Dans une humeur bon-enfant et fair-play, chacun est impliqué mais pas agressif. La France perd, de très loin, mais le spectacle était ici dans la salle, tout comme la leçon de savoir-vivre.

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2 réflexions sur “Red Beach – Whangarei : Cap au Nord

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