Nelson – Picton : des adieux en beauté

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Tenter de nouvelles expériences, s’envoyer en l’air, atteindre le septième ciel… Le voyage sert aussi à ça et ce second passage par Nelson est l’occasion d’assouvir d’autres envies, de goûter de nouveaux plaisirs. Un simple coup de téléphone suffit à trouver un binôme, vérifier la compatibilité de nos agendas, fixer un rendez-vous. D’une facilité déconcertante. Quelques heures plus tard, je me retrouve donc, sous un soleil radieux et dans un cadre magnifique, à me jeter dans le vide, encordée à un inconnu. Je n’ai pas peur une seule seconde, je sais que c’est un professionnel, et quand je décolle, c’est bien un cri d’excitation qui s’échappe. La demi-heure qui suit n’est que plaisir, à tournoyer dans les airs, jouir de la vue et de la brise, et même s’essayer à un peu de voltige, pousser le plaisir à son comble et atterrir en douceur, groggy et comblée. Une première expérience plus que convaincante donc, et une seule envie : recommencer.

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Entre Nelson et Picton, je connais la route. Je sais où camper, pique-niquer, boire un café au soleil. Je sais quand ça monte et quand la vue est belle. Seules la lumière et la couleur des feuilles ont changé. Une chose pourtant n’avait pas retenu mon attention au premier passage : Havelock, petit port blotti au fond de son fjord, est la capitale mondiale de la moule verte, espèce endémique de Nouvelle-Zélande… Dimensions et couleurs extravagantes, le spécimen mérite donc un arrêt et une dégustation. Le Mussel Pot en a fait sa spécialité et, même si le menu propose d’autres plats pour la bonne forme, on n’y vient que pour ça. Alors à 18h, alors que la nuit est déjà tombée et chacun rentré chez soi pour manger, j’ai juste à suivre la seule lumière de la ville restée allumée qui m’appelle comme un phare. Là m’attendent les géantes, un peu à l’étroit dans leur casserole, servies avec couteau et fourchette… Presque offusquée, je proteste d’abord intérieurement, ignore les ustensiles et gobe la bête, comme à la maison. Mais à la troisième, à la limite de l’étouffement, je dois bien me rendre à l’évidence… Un peu honteuse, un peu fâchée, je finis par capituler et enfreindre toutes les règles, remettant en cause des années de vécu et d’expérience. Jetant un coup d’œil aux autres tablées et vérifiant qu’aucune autre issue n’est possible, je commets donc le sacrilège, m’attaque à l’animal comme à un steak et tranche dans le vif…

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Oubliant le massacre de la veille mais pas le goût, je rejoins le lendemain le port de Picton où m’attend le ferry pour Wellington. Ces derniers kilomètres sur l’île du Sud sont pleins de mélancolie et quand la dernière colline offre une vue sur le port, c’est le cœur serré que je prends une ultime photo, clôturant 4 mois et demi qui me marqueront à jamais. Un rapide tour dans Picton et c’est déjà l’embarquement, puis les fjords qui s’étirent comme la main tendue d’un au revoir… Ciao bella !

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