
Stewart Island est une de ces îles qui se méritent, l’épopée matinale qu’il me faut pour y arriver me le confirme sans ménagement. D’abord un départ tempétueux avec pluie torrentielle sous laquelle l’horaire imposé du ferry m’oblige à me lancer. Des bourrasques qui me plombent à 10 km/h sur du plat et m’envoient par 2 fois dans le bas côté malgré la charge conséquente de mon équipage. Puis la traversée en ferry, sur laquelle je réalise seulement en embarquant que le vent a aussi un impact non négligeable (les traversées suivantes seront annulées pour cause de tempête…). J’ai beau aimer quand ça remue et trouver ça d’abord très amusant, il ne faut pas plus de quelques minutes pour que ça ne fasse plus rire personne… Assise dehors, le nez au vent et dans les embruns, je lutte pour pouvoir, pour une fois, chasser la vision d’un plat de moules-frites en sentant l’odeur de l’iode. Et enfin, après cette traversée digne des derniers cercles des enfers, je recharge mon mulet toujours sous la pluie pour réaliser que mon auberge (qui s’appelle Hilltop, c’était pourtant un indice…) se trouve au sommet de la colline qui surplombe le port. Qui se mérite, donc…
Stewart Island, c’est 400 habitants et 20’000 kiwis, pour un territoire grand comme le Canton de Fribourg. C’est aussi la région la plus au Sud du pays, dont la proximité du pôle justifie la météo démoniaque des premiers jours… Parce qu’une journée de pluie sur Stewart Island, c’est 38 averses de 20 secondes chacune, entre lesquelles la température remonte juste assez pour être obligé de retirer sa veste. Quelque part entre une douche dont la canalisation aurait pris l’air et un brumisateur qui aurait un faux contact. Le seul endroit que je connaisse où il est possible de se faire rincer et prendre un coup de soleil en même temps. Je reste heureusement suffisamment longtemps pour profiter d’un temps plus clément et parcourir le Rakiura track, l’une des 9 Great Walks du pays, ainsi que les sentiers qui entourent Oban, la seule bourgade de l’île. Se promener sur Stewart Island, c’est osciller entre forêt, plage déserte, forêt, petit port de pêche, forêt… On l’aura compris, le point fort de l’île, c’est… (plus fort, je ne vous entends pas…) la forêt (merci de votre participation !). Et qui dit forêt donc dit « randonner dans la boue » mais dit surtout « oiseaux ». Par milliers. Une vraie volière à ciel ouvert et plus encore sur sa petite sœur, Ulva Island sur laquelle je vais passer une journée. Kakapo, Weka, Kaka… Peu stressés par l’absence de prédateurs, ces spécimens aux noms exotiques se laissent approcher et photographier comme des starlettes. Pourtant ici en population conséquente, je repartirais malgré tout sans avoir vu, ni même entendu, un kiwi, la mascotte du pays ne se laissant pas, à ma grande déception, si facilement approcher.

















Ah bah, c’est là-bas que je devrais aller ! 😀
J’aimeJ’aime
Oui, c’est aussi ce que je me suis dit en venant ici 🙂
J’aimeAimé par 1 personne
Le petit oiseau tout rond, je l’adorais ! J’en étais gagate !
J’aimeJ’aime