
On l’aura compris, depuis quelques temps une cession « montagne » est chaque fois suivie d’une cession « mer ». Je poursuis donc vers la région des Catlins, côte verdoyante et vallonnée, sorte d’Irlande miniature à l’extrême Sud-Est du pays.
Je traverse dès lors les régions beaucoup plus rurales de la Nouvelle-Zélande profonde où, les paysages grandioses faisant défaut, chaque petite ville se revendique de quelque chose. C’est ainsi que Gore, en plus de ses vieux trains et son usine à porridge dont on ferait bien des lofts, peut se vanter d’être la prestigieuse capitale de la pêche à la truite brune et par conséquent d’arborer la plus grande statue de poisson du pays. Une fierté non dissimulée dont on fait des cartes postales et qui remplit le camping de pêcheurs venus du monde entier.
Après cette étape chargée en émotions, j’aperçois enfin les collines des Catlins derrière lesquelles se dissimulent des plages aussi belles que l’eau est froide, davantage peuplées par les lions de mer que les baigneurs. Un charme simple et reposant qui me rappelle les paysages du Nord d’Auckland et le début de mon voyage.
Un peu plus loin, Curio Bay offre à marée basse un phénomène géologique aussi rare qu’émouvant : une forêt pétrifiée, vieille de plus de 180 millions d’années, des dizaines de troncs plantés dans l’eau, rendus immuables par la boue et les débris volcaniques, et qu’il faut toucher pour se persuader que c’est bien de la roche. Et puis un peu dans la même mouvance, je rencontre à Invercargill, Henry le Tuatara, 118 ans, un dinosaure pas pétrifié du tout, dont la lenteur des mouvements reflète le poids des années et la responsabilité d’être l’un des plus vieux rescapés de son espèce qui n’a pas bougé depuis 200 millions d’années.














