
Là encore, je suis loin de prendre la route la plus courte entre Wanaka et Queenstown, préférant faire un large détour par le Central Otago, cette région que même les Neo-Zélandais peinent à définir, quelque part entre Queenstown et Dunedin, entre les Alpes et la côte Est.
J’emprunte trois itinéraires VTT permettant de faire une boucle à travers la région sans pratiquement croiser une voiture, longeant les rivières sur la piste des anciens chercheurs d’or ou reprenant le tracé de lignes de chemins de fer désaffectées. Quelques kilomètres en train aussi, pour longer les gorges de Taieri, inaccessibles par d’autres moyens.
Et au milieu, Dunedin, avec ses allures de capitale écossaise, sa longue plage de sable, sa gare à l’architecture ultra-pompeuse et une des plus belles collections d’art du pays. Et puis une curiosité qui nous entraine un peu plus loin dans les faubourgs, jusqu’à Baldwin Street, la rue la plus pentue du monde, qui peut se vanter d’une inclinaison à 30% (le double du Arthur’s pass…) et constitue une étonnante expérience aussi bien urbanistique que physique et où chacun redouble d’inventivité pour la gravir ou s’y photographier.
















Mais le Central Otago est pour moi un peu plus que ça : c’est ce que j’attends depuis mon départ, pratiquement ce qui m’a fait venir ici. Beaucoup fantasment leur voyage, à juste titre, devant les photos des fjords, des volcans ou des Alpes. Mais pour moi ce sont les paysages un peu plus méconnus d’ici, moins grandioses peut-être, la simplicité de ces collines couvertes de graminées dorées, sortes de dunes herbeuses qui ondulent sous le vent, qui ont alimenté mon désir de voyage. C’est donc en quelque sorte le moment de vérité, la rencontre entre le fantasme et la réalité. Quelques randonnées, parfois pas au bon endroit, pas la bonne météo, pas mal de fatigue aussi, font que ça devient presque une quête, jouant sur ma patience et mon obstination. Puis un jour, alors que je pars juste faire un petit tour et crois m’accorder un jour de repos, j’aperçois au loin ce que je cherche. Je poursuis donc ma route, finis par continuer à pied, tout ça me prenant bien plus de temps que la petite balade initialement prévue. Mais après quelques heures, il n’y a plus à perte de vue que ces collines, la pureté de ce paysage dénudé, presque graphique. Sous un ciel bleu roi, des graminées jusqu’à la taille, je nage littéralement dans mon fantasme…











