
Je commence peu à peu à prendre goût à la facilité qu’offre ce pays à passer si rapidement de la mer à la montagne : rassasiée des glaciers pour quelques jours par le Mt Cook et les sommets qui l’entourent, ma route m’emmène à nouveau sur la côte Est et l’étonnante ville d’Oamaru.
C’est par les chemins de traverse et l’itinéraire VTT du Alps to Ocean que j’effectue ce trajet : 300km pour passer du désertique plateau Mackenzie qui sert de socle au Mt Cook à la fertile vallée de Waitaki River qui se jette en bout de course dans l’océan Pacifique.
Pukaki, Aviemore, Benmore : les lacs et les barrages se succèdent tout comme les pêcheries de saumons et les pubs locaux, s’offrant une nouvelle jeunesse grâce au trail et peu à peu transformés en cafés pour cyclistes dilettants ou que le faux-plat descendant aurait quand même finis par épuiser.
Rattrapée par la pluie, j’arrive enfin à Oamaru où le camping, littéralement planté au milieu du port, m’accueille pour quelques jours. Avec ses bâtiments XIXe et ses rues quadrillées, cette ville a d’abord l’air comme toutes les autres. Puis, après quelques minutes à arpenter les rues, je me dis qu’il y a bien quelque chose en plus. Ce n’est pas la colonie de manchots vers laquelle tous les touristes se dirigent à la nuit tombante. Ce n’est pas non plus, bien que fortement remarquable, le quartier victorien qui longe le port, l’un des mieux conservé du pays. Non, c’est quelque chose de bien plus déroutant… D’abord une aire de jeux avec une cabane à dos d’éléphant harnaché de cuir, une machine à vapeur, des balançoires suspendues à un grand-bi que chevauche un homme à chapeau melon… Puis un café dans le port aux allures de sous-marin, des sculptures tout droit sorties d’un film de science-fiction, une gigantesque tête de mort accrochée au mur d’un entrepôt, des galeries où les objets exposés pourraient tout aussi bien être issus de l’imaginaire de Tim Burton, Lewis Caroll ou Jules Verne. Et enfin, un musée au contenu difficile à décrire : une machine à remonter le temps, un orgue à bruits, des sculptures de piranhas ou de monstres marins, le plus court labyrinthe du monde (un mètre de long, accessible à tous !), encore des têtes de mort, un portail spatio-temporel, un train à vapeur, une fusée… Quelque part entre entre l’idée de génie et la plaisanterie douteuse. L’explication à tout ça : Oamaru est la capitale néo-zélandaise du Steampunk, courant artistique à la fois futuriste et basé sur l’esthétique du XIXe siècle. Un joyeux mélange, quelque part entre une époque passée et à venir, et qui explique que, si par hasard vous apercevez dans les brumes matinales un homme en draisienne et redingote, ce n’est pas l’absinthe de la veille qui vous joue des tours.























Génial ! C’est vrai que l’ambiance est particulière, tu as bien cerné le truc, entre T. Burton et L.Caroll !
Content que tu aies mentionné « manchot » et non « pingouin »… tu ne peux pas savoir le nombre de personnes qui font l’erreur… que ça soit en NZ comme en Amérique du Sud ou Antarctique !!! Alors, rien que pour ça, je te dis « Merci », tu m’as évité une nouvelle crise de nerfs devant mon ordi 😀
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🙂 Je fais mon maximum pour éviter les erreurs de débutant mais comme un faux pas est vite arrivé, je te nomme officiellement expert en animologie de ce blog (ou au moins en oiseaulogie) : n’hésite pas à me faire signe à la moindre crise de nerfs 😉
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Quel honneur, merci ! Mais il me semble qu’on dit plutôt zoziologie ! 🙂
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