
Large détour pour prendre une route chaudement recommandée par des voyageurs rencontrés précédemment reliant Opotiki à Gisborne à travers la montagne. « Vallées magnifiques, route absolument déserte » : pas besoin de me le dire deux fois… En sortant d’Opotiki, les panneaux indiquent 50km de virages et le prochain café à 70km. Voilà qui sait me donner un premier objectif… Il n’y aura pas d’autre habitation avant.
Le première vallée, sinueuse et encaissée, longe la rivière à travers la forêt et me rappelle les paysages canadiens. De l’autre côté du col, la seconde est rasée de près par les moutons et offre des descentes vertigineuses à travers un paysage qui semble jardiné, avant de retrouver des pentes plus douces couvertes de vignes et d’orangers.



Un mois et demi de voyage et je fais une constatation : les villes sont toutes les mêmes. Gisborne sonnait inconsciemment dans mon esprit comme une promesse : la côte Est, le vin, le surf… quelque chose de nouveau. Les vagues sont bien là, les palmiers et les vignes aussi, mais la ville reste une énième copie des autres précédemment visitées.
Où sont les cafés, la bibliothèque, le centre d’information, le camping… Je sais presque m’y retrouver avant même d’arriver. Ces villes ont toutes moins de 200 ans, aucun héritage bâti ou parcellaire de ce qui peut faire la diversité des nôtres. Bord de mer ou non, 3’000 ou 60’000 habitants, elles répondent toutes au même schéma. Seul le nombre de commerces et l’étalement de la banlieue varie. Même la fumante Roturua ne parvient pas à tirer son épingle du jeu. Ce constat ne veut pas dire sans charme ni interêt – elles offrent toutes un port, une plage, une cascade ou un pub peuplé de figures locales et de fish and chips gargantuesques valant chaque fois le détour – mais juste une impression de déjà vu.
Je photographie donc Gisborne comme je photographierais n’importe laquelle de ses sœurs, comme pour illustrer « les » villes, une parmi d’autres.




